Fossiles sous le feu : le gang de ransomware Sinobi frappe une institution de recherche paléontologique
Une institution scientifique renommée est la dernière proie d’une vague croissante d’extorsion numérique visant l’éducation et la recherche.
En bref
- La Paleontological Research Institution (PRI) d’Ithaca, NY, fondée en 1932, est un leader dans l’éducation et la recherche en sciences de la Terre.
- Sinobi, un groupe de ransomware, a revendiqué la responsabilité de l’intrusion chez PRI et les a publiquement désignés comme victimes.
- Des attaques similaires contre des organisations académiques et de recherche ont explosé ces dernières années, menaçant données, recherches et confiance du public.
- Les attaques par ransomware perturbent souvent les opérations et exigent une rançon pour restaurer l’accès aux données verrouillées ou volées.
Os anciens, menaces modernes
Sur un campus paisible d’Ithaca, un coffre de secrets anciens - fossiles, recherches et décennies d’efforts scientifiques - se retrouve désormais à la merci d’un prédateur très contemporain. La Paleontological Research Institution (PRI), pilier de la paléontologie depuis les années 1930, est devenue le dernier trophée du gang de ransomware Sinobi, un collectif d’extorsion numérique connu pour cibler les organisations vulnérables.
Comment le ransomware plante ses crocs
Les attaques par ransomware fonctionnent comme un braquage numérique : les pirates infiltrent un réseau, chiffrent des fichiers essentiels et exigent une rançon en échange de la clé de déchiffrement. La décision de Sinobi de publier PRI comme victime est une tactique de pression - une humiliation publique destinée à forcer le paiement et à démontrer leur portée au monde entier. Pour une institution de recherche, les enjeux sont élevés : perte de données précieuses, interruption de projets en cours et possible exposition d’informations sensibles sur le personnel et les donateurs.
Pourquoi cibler la science ?
Les organisations académiques et de recherche comme PRI sont devenues des cibles fréquentes. Leurs réseaux mêlent souvent des systèmes anciens à des technologies récentes - un patchwork qui peut laisser des failles exploitables par les cybercriminels. Un rapport de 2023 de la société de cybersécurité Emsisoft a documenté une forte hausse des attaques contre les universités et centres de recherche, notant que beaucoup ne disposent pas des budgets cybersécurité conséquents des grandes entreprises. Les attaquants savent que la valeur de la recherche et le risque réputationnel rendent ces institutions plus enclines à payer rapidement.
Ce n’est pas la première fois que la science est assiégée numériquement. En 2020, l’Université de Californie à San Francisco a payé plus d’un million de dollars de rançon après qu’une attaque similaire a paralysé la recherche sur la COVID-19. Le marché des données de recherche volées est florissant, avec des acheteurs allant de concurrents privés à des acteurs étatiques cherchant un avantage technologique.
Enjeux plus larges : la science prise en otage
Si les motivations du gang Sinobi sont financières, les répercussions de ces attaques vont bien au-delà des finances de l’institution. La confiance du public dans la science, le rythme des découvertes et même la collaboration internationale peuvent tous pâtir lorsque les données sont prises en otage. L’incident du PRI est un rappel brutal : même les gardiens de notre passé préhistorique ne sont pas à l’abri des menaces numériques actuelles.
WIKICROOK
- Ransomware : Le ransomware est un logiciel malveillant qui chiffre ou verrouille des données, exigeant un paiement des victimes pour restaurer l’accès à leurs fichiers ou systèmes.
- Chiffrement : Le chiffrement transforme des données lisibles en texte codé pour empêcher tout accès non autorisé, protégeant ainsi les informations sensibles des menaces numériques et des regards indiscrets.
- Violation de données : Une violation de données survient lorsque des parties non autorisées accèdent ou volent des données privées d’une organisation, entraînant souvent l’exposition d’informations sensibles ou confidentielles.
- Système hérité : Un système hérité est un logiciel ou matériel obsolète encore utilisé parce que le remplacer ou le mettre à jour est difficile, coûteux ou perturbateur.
- Extorsionware : L’extorsionware est une cyberattaque où des criminels menacent de divulguer des données volées à moins que la victime ne paie une rançon ou ne réponde à leurs exigences.