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👤 NEONPALADIN
🗓️ 16 Nov 2025   🌍 North America

Le pari des bébés sur mesure de la Silicon Valley : Sam Altman, startups génétiques et la nouvelle frontière technologique

Alors que les magnats de l’IA lorgnent sur l’édition génétique pour la prochaine révolution, le rêve d’enfants sans maladies - et peut-être « améliorés » - déclenche une tempête éthique moderne.

En bref

  • Sam Altman et son mari Oliver Mulherin ont investi dans Preventive, une startup qui vise à créer des bébés génétiquement modifiés pour prévenir les maladies héréditaires.
  • L’édition génétique d’embryons humains est illégale aux États-Unis et dans de nombreux pays ; Preventive pourrait opérer dans des juridictions moins réglementées comme les Émirats arabes unis.
  • Brian Armstrong, PDG de Coinbase, est également un investisseur majeur et un fervent défenseur du projet.
  • Le couple a récemment accueilli un enfant par gestation pour autrui ; tous deux sont des figures de proue du monde de la tech et prônent ouvertement « l’abondance » générée par la technologie.
  • Le projet fait face à un examen scientifique, juridique et éthique intense, reflétant les ambitions plus larges de la Silicon Valley de « hacker » la biologie humaine.

Ingénierie du futur : la nouvelle obsession de la Silicon Valley

Imaginez un dîner chic à San Francisco - des titans de l’IA, des rois de la crypto, et une conversation discrète sur le prochain saut après l’intelligence artificielle : réinventer l’humanité elle-même. Sam Altman, visage public de ChatGPT et d’OpenAI, et son mari, l’ingénieur Oliver Mulherin, ne se contentent pas de rêver d’abondance technologique. Ils misent dessus - en investissant dans Preventive, une startup qui veut réécrire les règles de la reproduction grâce à l’édition génétique d’embryons.

Ce n’est pas de la science-fiction. La promesse de Preventive : utiliser CRISPR et d’autres outils d’édition génétique pour modifier les embryons, éliminant les mutations héréditaires avant la naissance. L’objectif ? Des enfants protégés des maladies génétiques - du moins au début. Mais la portée potentielle de la technologie est bien plus vaste, allant des traits physiques à l’intelligence, soulevant le spectre des fameux « bébés sur mesure ».

Failles juridiques et ambitions mondiales

Il y a un hic. Modifier des embryons humains est illégal aux États-Unis et dans la majeure partie de l’Europe, principalement pour des raisons éthiques et de sécurité. Preventive, comme d’autres disrupteurs de la Silicon Valley, explore des environnements juridiques plus favorables - tels que les Émirats arabes unis - où la régulation est plus légère et les ambitions moins contraintes. Cela rappelle les controverses passées de la biotech, comme le scandale de 2018 impliquant le scientifique chinois He Jiankui, emprisonné pour avoir modifié les gènes de jumelles. Le tollé fut immédiat et mondial, mais le rêve persiste chez les élites technologiques.

Les soutiens de Preventive, dont Brian Armstrong, PDG de Coinbase, ne se laissent pas décourager. Armstrong a publiquement évoqué l’idée de contourner les régulateurs en « surprenant » le monde avec le premier bébé génétiquement modifié. Leur logique : avec plus de 300 millions de personnes souffrant de maladies génétiques dans le monde, pourquoi ne pas intervenir le plus tôt possible ?

Big Tech, gros moyens - et grandes questions

Altman et Mulherin, autodidactes et francs, incarnent une nouvelle génération de couples puissants de la Silicon Valley. Avec une fortune combinée de plusieurs milliards et un fils né par gestation pour autrui, ils représentent l’intersection de la technologie, de la richesse et du changement social. Leur volonté d’investir dans une science controversée s’inscrit dans une philosophie tech plus large : si l’on peut construire un avenir meilleur, pourquoi attendre la permission ?

Pourtant, les risques sont immenses. Les scientifiques mettent en garde contre des effets à long terme inconnus, des conséquences imprévues et la pente glissante vers l’eugénisme. Les juristes s’interrogent sur la sagesse du « shopping de juridiction » pour contourner les limites fixées démocratiquement. Et les éthiciens demandent : qui décide de ce que signifie « meilleur », et pour qui ?

À mesure que les frontières entre technologie et biologie s’estompent, la quête de la Silicon Valley pour « hacker » l’humanité n’est plus un rêve lointain. Les prochaines années mettront à l’épreuve non seulement les limites de la science, mais aussi celles du droit, de l’éthique et de la définition même de l’humain. Le monde observe - et les enjeux n’ont jamais été aussi élevés.

WIKICROOK

  • Édition génétique : L’édition génétique utilise des outils comme CRISPR pour modifier les séquences d’ADN, permettant aux scientifiques de corriger des défauts génétiques ou d’améliorer des traits chez les organismes vivants.
  • Gestation pour autrui : La gestation pour autrui est un arrangement dans lequel une femme porte et donne naissance à un enfant pour une autre personne ou un couple, souvent dans le cadre d’un accord légal.
  • CRISPR : CRISPR est un outil révolutionnaire qui permet aux scientifiques de modifier avec précision l’ADN des organismes vivants, ouvrant la voie à des avancées en génétique, médecine et agriculture.
  • Shopping de juridiction : Le shopping de juridiction consiste à choisir des régions où la législation est plus souple pour mener des activités qui pourraient être restreintes ou illégales dans des pays plus stricts.
  • Bébés sur mesure : Les bébés sur mesure sont des enfants dont les traits génétiques sont sélectionnés ou modifiés avant la naissance, suscitant souvent des débats sur l’éthique et les impacts futurs sur la société.
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Cyber Resilience Engineer
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