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👤 CIPHERWARDEN
🗓️ 18 Oct 2025   🗂️ Threats    

Sabotage du silicium : le gouvernement néerlandais prend le contrôle d’un fabricant de puces détenu par des Chinois

Les Pays-Bas déploient des pouvoirs d’urgence pour reprendre la main sur Nexperia, une entreprise de semi-conducteurs détenue par des Chinois, face aux craintes de fuites technologiques et de manœuvres géopolitiques.

En bref

  • Le gouvernement néerlandais a invoqué des pouvoirs spéciaux pour passer outre les décisions de Nexperia, un fabricant de puces détenu par des Chinois.
  • Les autorités ont évoqué de « graves lacunes en matière de gouvernance » et des risques pour des capacités technologiques cruciales comme raisons de leur intervention.
  • La maison-mère de Nexperia, Wingtech, est partiellement détenue par l’État chinois et fait l’objet de sanctions américaines.
  • Les inquiétudes concernant l’espionnage chinois et les transferts de technologies dans le secteur des semi-conducteurs s’intensifient en Europe et aux États-Unis.
  • C’est la première fois que les Pays-Bas utilisent la loi sur la disponibilité des biens pour intervenir dans une entreprise technologique.

Quand les puces deviennent des pièces d’échecs

Imaginez l’industrie mondiale des semi-conducteurs comme un échiquier à enjeux élevés, où chaque mouvement peut faire basculer l’équilibre des pouvoirs. Sur cet échiquier, le gouvernement néerlandais vient de jouer un coup rare et décisif - en invoquant des pouvoirs d’urgence pour reprendre le contrôle de Nexperia, un fabricant de puces aux liens profonds avec la Chine. Ce geste va bien au-delà d’un simple conflit de direction ; c’est un coup de semonce dans une guerre froide technologique naissante.

Derrière la répression : une toile d’inquiétudes

Nexperia, dont le siège est à Nimègue, est un acteur majeur dans la fabrication de puces qui alimentent tout, des smartphones aux voitures. Mais sa propriété partielle par Wingtech - une entreprise liée directement au gouvernement chinois - l’a placée sous une surveillance intense. Les autorités néerlandaises ont évoqué de récents « signaux aigus de graves lacunes en matière de gouvernance » comme facteur déclencheur, mais le contexte plus large est une montée de l’anxiété mondiale face à la fuite des secrets technologiques occidentaux vers Pékin.

Plus tôt cette année, le renseignement militaire néerlandais a mis en garde contre une intensification de l’espionnage chinois visant les centres de recherche locaux sur les puces, en particulier ASML, le seul fournisseur mondial de machines de lithographie avancée. Pour situer, ces machines sont les pinceaux qui dessinent les circuits les plus minuscules et puissants sur les tranches de silicium - sans elles, le monde numérique s’arrêterait net.

Échos d’outre-Manche

Ce n’est pas la première fois que Nexperia fait face à un retour de bâton politique. En 2022, le Royaume-Uni a ordonné à l’entreprise de vendre sa précieuse Newport Wafer Fab, la principale usine de microprocesseurs du pays, pour des raisons similaires de sécurité nationale. L’usine a finalement été reprise par des Américains, soulignant la façon dont les gouvernements tracent de nouvelles lignes rouges autour des actifs des semi-conducteurs.

Parallèlement, les États-Unis ont sanctionné Wingtech et plus d’une centaine d’entités liées à la Chine, invoquant des menaces pour la sécurité nationale. Si les détails restent flous, le message est clair : l’Occident resserre les rangs autour de ses technologies, craignant que des industries stratégiques ne soient militarisées en temps de crise.

La géopolitique rencontre la micro-puce

Au fond, l’intervention néerlandaise dépasse le cas d’une seule entreprise. Les semi-conducteurs sont les moteurs minuscules qui propulsent les économies modernes - et celui qui les contrôle détient un pouvoir immense. Alors que la Chine étend agressivement son influence, les nations occidentales s’empressent de protéger leur savoir-faire et leur capacité de production.

Pour Nexperia, la décision du gouvernement néerlandais est un désaveu public - et le signe que l’ère de la mondialisation sans entrave cède la place à un nouvel âge de techno-nationalisme. À mesure que les puces deviennent à la fois des actifs commerciaux et des munitions stratégiques, l’avenir numérique du monde est en jeu.

Dans l’univers feutré des micro-puces, les Pays-Bas ont tracé leur ligne. Lorsque la poussière retombera, une chose est sûre : dans la bataille pour la souveraineté du silicium, aucun mouvement ne passe inaperçu.

WIKICROOK

  • Semi-conducteur : Un semi-conducteur est un matériau, souvent du silicium, utilisé pour fabriquer des puces qui alimentent des appareils électroniques, des smartphones aux superordinateurs.
  • Machine de lithographie : Une machine de lithographie imprime des circuits microscopiques sur des tranches de silicium, ce qui la rend essentielle à la production de micro-puces avancées dans l’électronique moderne.
  • Espionnage : L’espionnage est la collecte secrète d’informations sensibles, souvent par des gouvernements ou des organisations, pour obtenir un avantage politique, économique ou stratégique.
  • Sanctions : Les sanctions sont des restrictions imposées par les gouvernements qui bloquent des activités et des actifs financiers pour punir ou dissuader des comportements illégaux, contraires à l’éthique ou dangereux.
  • Techno : Le techno-nationalisme désigne la volonté des pays de protéger et promouvoir leur propre secteur technologique afin de renforcer leur sécurité et leur puissance économique.

CIPHERWARDEN CIPHERWARDEN
Cyber Encryption Architect
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