Netcrook Logo
👤 AUDITWOLF
🗓️ 16 Nov 2025  

Dans l’ombre : comment les hackers échappent aux angles morts de l’EASM

Même les équipes de sécurité les plus avancées perdent du terrain alors que les adversaires exploitent les failles cachées de la gestion de la surface d’attaque externe.

En bref

  • L’External Attack Surface Management (EASM) vise à repérer et sécuriser les actifs exposés à Internet avant que les attaquants ne le fassent.
  • Les principales violations - y compris l’incident d’Oracle en 2025 - commencent souvent par des actifs numériques négligés et non gérés.
  • Les angles morts courants incluent les anciens serveurs, le shadow IT issu du télétravail et l’exposition via des partenaires tiers.
  • Les attaquants utilisent des outils comme Shodan et l’automatisation alimentée par l’IA pour cartographier les cibles plus rapidement que jamais.
  • Se fier à un seul outil de sécurité donne une fausse impression de sécurité face à des menaces de plus en plus créatives.

Le périmètre numérique : plus mirage que mur

Imaginez la présence numérique de votre entreprise comme une forteresse tentaculaire aux murs de verre. De l’extérieur, elle semble sécurisée - jusqu’à ce que vous réalisiez que certaines fenêtres sont invisibles pour vos gardes. C’est la surface d’attaque externe d’aujourd’hui. Tandis que les équipes de sécurité déploient des outils comme Microsoft Defender pour surveiller le périmètre, les adversaires s’affairent à scanner ce qui a été négligé : serveurs oubliés, services cloud mal configurés et domaines orphelins qui restent silencieusement en ligne, sans surveillance et vulnérables.

L’essor - et les risques - de l’EASM

L’External Attack Surface Management (EASM) est apparu en réponse à une vérité simple : les attaquants commencent toujours par ce qu’ils peuvent voir. En cartographiant chaque actif exposé, des sites web aux passerelles d’accès à distance, les défenseurs espèrent repérer les faiblesses avant les criminels. Mais l’EASM n’est efficace que dans la mesure où sa couverture l’est. La faille Oracle de 2025 en est un rappel brutal : les attaquants ont exploité un simple sous-domaine non géré, contournant des défenses robustes pour accéder à des millions de données. Ce n’était pas un cas isolé - des recherches de la société de sécurité Randori montrent que plus de 60 % des entreprises du Fortune 500 ont des actifs critiques exposés à Internet à tout moment, souvent à l’insu de leurs propres équipes IT.

Angles morts : là où prospèrent les attaquants

Plusieurs facteurs créent ces angles morts. L’explosion du télétravail a alimenté le “shadow IT” - appareils et applications utilisés par les employés sans supervision officielle. Les anciennes infrastructures restent en ligne, oubliées mais toujours accessibles. Et à mesure que les entreprises tissent des partenariats plus étroits, leur exposition augmente : un fournisseur faible peut ouvrir la porte à tout le réseau. Les attaquants, quant à eux, utilisent des outils open source comme Shodan et Censys pour scanner Internet en quelques minutes, puis combinent cela avec des identifiants divulgués ou du code public pour dresser une carte complète de leurs cibles.

La course à l’IA

L’intelligence artificielle a accéléré les deux camps. Les attaquants utilisent l’IA pour automatiser le scan et le développement d’exploits, réduisant la fenêtre entre vulnérabilité et compromission. Les défenseurs, de leur côté, s’appuient sur des plateformes EASM alimentées par l’IA pour découvrir des actifs inconnus et prioriser les corrections. Mais c’est une course aux armements - chaque avancée d’un camp est rapidement égalée par l’autre, rendant la vigilance et l’adaptation plus cruciales que jamais.

Prendre de l’avance : ce qui fonctionne - et ce qui ne fonctionne pas

Alors, comment les organisations peuvent-elles riposter ? Un scan continu et automatisé - et non de simples contrôles trimestriels - est essentiel. Superposer plusieurs outils EASM permet de révéler ce que des solutions uniques manquent, notamment dans les environnements cloud et tiers. L’intégration avec des workflows de sécurité plus larges garantit que les vulnérabilités ne sont pas seulement détectées, mais corrigées. Pourtant, aucun système n’est parfait. La véritable bataille est celle de la visibilité : on ne peut pas défendre ce qu’on ne voit pas.

En cybersécurité, c’est souvent l’invisible qui s’avère le plus dangereux. À mesure que l’empreinte numérique s’étend et que les attaquants gagnent en intelligence, le défi n’est pas seulement de bâtir des murs plus solides - c’est d’illuminer chaque zone d’ombre où les menaces peuvent se cacher. L’EASM est essentiel, mais seule une vigilance constante et une découverte sans relâche offrent de vraies garanties.

WIKICROOK

  • External Attack Surface Management (EASM) : L’External Attack Surface Management (EASM) consiste à identifier, surveiller et sécuriser tous les actifs numériques exposés au public afin de réduire les risques cyber.
  • Shadow IT : Le shadow IT désigne l’utilisation de systèmes ou outils technologiques au sein d’une organisation sans approbation officielle, ce qui entraîne souvent des risques de sécurité et de conformité.
  • Shodan : Shodan est un moteur de recherche qui scanne Internet à la recherche d’appareils connectés, facilitant la découverte de serveurs, services et vulnérabilités exposés.
  • Subdomain : Un sous-domaine est une section distincte d’un site web, comme blog.example.com, utilisée pour organiser du contenu ou des services et nécessitant une gestion de la sécurité appropriée.
  • Zero : Une vulnérabilité zero-day est une faille de sécurité cachée, inconnue de l’éditeur du logiciel, sans correctif disponible, ce qui la rend très précieuse et dangereuse pour les attaquants.
EASM Shadow IT Cybersecurity

AUDITWOLF AUDITWOLF
Cyber Audit Commander
← Back to news