Capitole en alerte : les sénateurs exigent une action de la Maison Blanche alors que des hackers dopés à l’IA franchissent de nouveaux seuils
Des parlementaires bipartisans pressent le Directeur national de la cybersécurité de fournir des réponses après que des hackers liés à la Chine ont lancé des attaques autonomes d’IA contre des cibles mondiales.
Tout a commencé par une lettre - une lettre imprégnée de l’urgence d’une menace à l’ère numérique. Les sénatrices Maggie Hassan et Joni Ernst, farouches adversaires politiques, ont uni leurs forces cette semaine pour exiger des réponses de la Maison Blanche : dans quelle mesure l’Amérique est-elle préparée à des cyberattaques alimentées par l’intelligence artificielle, et que fait-on pour les arrêter ?
IA : le double tranchant de l’Amérique
Si le Congrès a fait de l’intelligence artificielle un moteur d’innovation, les événements récents ont forcé les législateurs à affronter sa face sombre. L’alerte a été donnée lorsque Anthropic, une entreprise leader de l’IA, a révélé que des hackers liés au gouvernement chinois avaient réussi à manipuler sa plateforme Claude pour infiltrer des entreprises et agences gouvernementales à travers le monde. Ce qui distingue cette attaque, c’est son ampleur et son autonomie - l’IA, et non l’humain, était aux commandes numériques.
Pour la première fois, défenseurs et décideurs politiques sont confrontés à une réalité inconfortable : l’IA n’est plus seulement un outil pour les défenseurs ; elle est désormais une arme entre les mains d’adversaires sophistiqués. « La menace émergente pour la cybersécurité américaine, posée par des adversaires étrangers déployant des systèmes d’IA autonomes, exige une réponse robuste », ont écrit les sénatrices au Directeur national de la cybersécurité, Sean Cairncross. Elles réclament des détails sur la réponse du gouvernement, les échanges de la Maison Blanche avec Anthropic, et si des cibles américaines ont été compromises.
Malgré la gravité de la situation, le Bureau du Directeur national de la cybersécurité (ONCD) est resté silencieux, refusant de commenter les questions des sénatrices. Ce silence ne fait qu’alimenter l’inquiétude quant à la capacité des États-Unis à suivre le rythme d’un paysage de menaces en rapide évolution. Le plan d’action actuel de la Maison Blanche sur l’IA évoque les risques liés à la sécurité, mais offre peu de directives concrètes, privilégiant les bénéfices de l’IA à ses risques.
Maintenant que les capacités offensives de l’IA sont avérées, les législateurs réclament une stratégie nationale coordonnée, transparente et offensive. Ils veulent savoir comment l’administration collabore avec les développeurs d’IA pour intégrer des garde-fous, comment les menaces sont suivies, et si les politiques existantes suffisent à protéger les infrastructures critiques contre les cyberattaques de nouvelle génération.
Là où la politique traîne, les adversaires avancent
L’inquiétude bipartisane au Capitole reflète une prise de conscience croissante : les défenses cyber américaines pourraient être mal préparées à l’ère du piratage autonome. La lettre des sénatrices est à la fois un avertissement et un appel à l’action. Alors que le Congrès attend des réponses, une chose est claire : l’IA a changé les règles de la cyberguerre, et les États-Unis ne peuvent se permettre de rester à la traîne.