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👤 CIPHERWARDEN
🗓️ 18 Oct 2025   🗂️ Threats    

L’IA transforme les hackers d’hôtels en maîtres voleurs : l’ascension de RevengeHotels

Les cybercriminels utilisent désormais l’intelligence artificielle pour dérober les données de paiement de clients d’hôtels sans méfiance à travers le monde.

En Bref

  • RevengeHotels, un groupe de hackers bien établi, cible les hôtels avec des attaques renforcées par l’IA.
  • Les attaquants utilisent de fausses factures et candidatures pour inciter le personnel hôtelier à ouvrir des fichiers malveillants.
  • Le malware VenomRAT permet aux hackers de voler des données et de contrôler à distance les ordinateurs infectés.
  • Le code généré par l’IA rend ces attaques plus difficiles à détecter et plus sophistiquées.
  • Des campagnes récentes ont visé des hôtels au Brésil, au Mexique, en Argentine, en Espagne et au-delà.

De la réception à la cyber-frontière

Imaginez ceci : un réceptionniste d’hôtel à São Paulo ouvre un e-mail, pensant qu’il s’agit d’une facture ordinaire. En quelques clics, l’ordinateur de l’hôtel devient un complice silencieux d’un cybercrime international. C’est la nouvelle réalité pour l’industrie hôtelière, alors que le groupe de hackers RevengeHotels passe à la vitesse supérieure - désormais avec l’intelligence artificielle comme complice.

RevengeHotels n’est pas nouveau sur la scène. Depuis 2015, ils se sont spécialisés dans le vol de données de cartes de paiement des clients d’hôtels, exploitant les failles numériques souvent négligées des comptoirs de réception et des systèmes de réservation. Qu’est-ce qui a changé ? Les dernières campagnes du groupe, révélées par la société de cybersécurité Kaspersky, montrent qu’ils utilisent désormais l’IA pour renforcer leurs attaques.

L’IA : le nouveau complice des hackers

La nouvelle vague d’attaques commence par des e-mails de phishing - habilement déguisés en factures ou candidatures - conçus pour passer inaperçus. Dès qu’un membre du personnel clique, le logiciel malveillant VenomRAT est libéré. Ce « rat » numérique (pour Remote Access Trojan) peut voler des identifiants, exfiltrer des fichiers et même prendre le contrôle du système, tout en restant indétectable.

Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est la façon dont l’IA, en particulier les grands modèles de langage, aide les hackers à écrire un code plus propre, mieux organisé - avec des instructions détaillées qui facilitent les modifications et la réutilisation. Cela élève non seulement le niveau pour les défenseurs, mais permet aussi aux attaquants d’adapter leurs tactiques plus rapidement que jamais.

L’utilisation de l’IA dans la cybercriminalité n’est pas propre à RevengeHotels. Selon des rapports d’OpenAI et des analystes en cybersécurité de Genians, des hackers soutenus par des États, notamment en Corée du Nord, ont récemment utilisé l’IA pour créer de fausses pièces d’identité (deepfakes) et perfectionner des malwares, signalant une véritable course à l’armement dans la pègre numérique.

Portée mondiale, impact local

Si le Brésil reste l’épicentre, les tentacules de RevengeHotels s’étendent désormais à travers l’Amérique latine et l’Europe, avec des campagnes de phishing en espagnol visant des hôtels au Mexique, en Argentine, au Chili, au Costa Rica et en Espagne. Leur stratégie : faire tourner de faux sites web et mettre à jour fréquemment les malwares pour garder une longueur d’avance sur les équipes de sécurité.

Les implications sont graves - non seulement pour les hôtels et leurs clients, mais aussi pour l’industrie touristique mondiale. Les données de paiement, scans de passeports et informations personnelles des voyageurs sont très recherchés sur le dark web, faisant de l’hôtellerie un terrain de chasse lucratif.

À mesure que l’IA devient plus accessible, il faut s’attendre à ce que davantage de criminels adoptent ces outils. Ce qui relevait autrefois des hackers d’élite est désormais à la portée de groupes de cybercriminalité bien organisés partout dans le monde.

Le champ de bataille numérique a changé. Alors que les hôtels s’empressent d’accueillir leurs clients, les cybercriminels s’enregistrent eux aussi - cette fois avec l’intelligence artificielle dans leurs bagages. La frontière entre commodité et vulnérabilité devient de plus en plus mince, et l’industrie hôtelière doit désormais apprendre à protéger ses portes dans le cyberespace aussi farouchement que dans le monde réel.

WIKICROOK

  • Phishing : Le phishing est une cybercriminalité où les attaquants envoient de faux messages pour inciter les utilisateurs à révéler des données sensibles ou à cliquer sur des liens malveillants.
  • Remote Access Trojan (RAT) : Un Remote Access Trojan (RAT) est un logiciel malveillant qui permet aux attaquants de contrôler secrètement l’ordinateur d’une victime à distance, facilitant le vol et l’espionnage.
  • Large Language Model (LLM) : Un Large Language Model (LLM) est une IA entraînée à comprendre et générer du texte de type humain, souvent utilisée dans les chatbots, assistants et outils de contenu.
  • Exfiltration de données : L’exfiltration de données est le transfert non autorisé de données sensibles du système d’une victime vers le contrôle d’un attaquant, souvent à des fins malveillantes.
  • Deepfake : Un deepfake est un média généré par IA qui imite l’apparence ou la voix de vraies personnes, souvent utilisé pour tromper en créant de fausses vidéos ou audios convaincants.

CIPHERWARDEN CIPHERWARDEN
Cyber Encryption Architect
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