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🗓️ 07 Sep 2025  

Blackout de la censure : le Népal coupe le courant aux géants des réseaux sociaux

La vaste interdiction par le Népal de 26 grandes plateformes sociales provoque une tempête numérique, menaçant la liberté d’expression et bouleversant du jour au lendemain la vie en ligne du pays.

En bref

  • Le Népal a bloqué l’accès à 26 plateformes sociales - dont Facebook, X (Twitter) et YouTube - le 6 septembre 2025.
  • L’interdiction vise les plateformes qui n’ont pas procédé à leur enregistrement auprès du gouvernement avant le 3 septembre 2025, comme l’exige un règlement de 2023.
  • Selon les médias locaux, les réseaux sociaux représentent environ 80 % du trafic internet total du Népal.
  • Les services enregistrés comme TikTok et Viber restent accessibles ; Telegram avait été interdit plus tôt en 2024 pour des liens présumés avec des fraudes.
  • Les groupes de défense des droits humains et les militants du numérique alertent sur de graves conséquences pour la liberté d’expression et l’activité économique.

Le rideau numérique tombe

Imaginez-vous vous réveiller pour découvrir que votre place publique numérique - Facebook, YouTube, WhatsApp - a soudainement été bouclée, comme si le gouvernement avait cadenassé tous les lieux de rassemblement du pays en une nuit. C’est la nouvelle réalité brutale pour près de 30 millions de Népalais qui, le 6 septembre 2025, ont vu leur accès à plus de deux douzaines de plateformes sociales brutalement coupé. Cette décision du gouvernement, rapportée par la rédaction RHC, marque l’une des plus vastes répressions numériques de l’histoire récente de l’Asie du Sud.

Comment en est-on arrivé là ?

Ce blackout ne sort pas de nulle part. Il fait suite à un règlement népalais de 2023 exigeant que toutes les entreprises de réseaux sociaux s’enregistrent officiellement auprès du gouvernement - officiellement pour garantir la responsabilité et le respect des lois locales. Le 25 août 2025, les autorités ont donné aux plateformes jusqu’au 3 septembre pour se conformer, sous peine de coupure. Lorsque des géants comme Meta (propriétaire de Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads), X et YouTube ont manqué la date limite, le gouvernement a coupé le robinet, débutant par un blocage progressif le 6 septembre.

Depuis, certaines entreprises comme Meta se sont empressées d’ouvrir des discussions et de montrer leur volonté de se conformer, mais pour l’instant, leurs services restent inaccessibles. Pendant ce temps, les plateformes ayant finalisé leur enregistrement - comme TikTok et Viber - ont pour l’instant échappé à la sanction. Telegram, une application de messagerie chiffrée populaire, avait déjà été interdite en juillet 2024 pour des accusations de facilitation d’arnaques et de blanchiment d’argent.

Échos de répressions passées

L’interdiction généralisée du Népal n’est pas sans précédent. Partout dans le monde, les coupures numériques sont devenues un outil privilégié des gouvernements cherchant à contrôler la dissidence ou à faire appliquer des règlements - des coupures répétées d’internet en Cachemire par l’Inde, à l’interdiction de Twitter par le Nigeria en 2021, en passant par la répression féroce des réseaux sociaux en Birmanie après le coup d’État militaire. Comme dans ces cas, la décision du Népal a suscité de vives critiques de la part des défenseurs des droits numériques et des acteurs économiques, qui estiment que de tels blocages étouffent non seulement la liberté d’expression mais aussi les opportunités économiques.

Selon Santosh Sigdel, directeur de Digital Rights Nepal, cité par la rédaction RHC, la décision « portera atteinte aux droits sociaux, économiques, culturels et constitutionnels ». Étant donné qu’environ 80 % du trafic internet népalais passe par les réseaux sociaux, l’impact est sismique - touchant aussi bien les petites entreprises que les familles de la diaspora, les militants et les créateurs de contenu.

Au-delà des frontières : quels enjeux ?

Au fond, l’interdiction du Népal est un choc entre souveraineté et connectivité mondiale. Les gouvernements du monde entier peinent à équilibrer contrôle numérique et libertés civiles, surtout alors que les réseaux sociaux deviennent essentiels à la communication, au commerce et à l’activisme. L’exigence d’enregistrement du Népal fait écho à des lois similaires en Russie, en Turquie ou en Inde, où la présence locale ou des représentants légaux sont requis pour la responsabilité - mais les critiques estiment que ces règles deviennent souvent des outils de censure.

Techniquement, l’interdiction est appliquée en ordonnant aux fournisseurs d’accès à internet (FAI) de bloquer l’accès aux domaines et applications listés - un peu comme si l’on interdisait certains numéros de téléphone sur tous les réseaux du pays. Pourtant, l’histoire montre que les utilisateurs cherchent rapidement des solutions de contournement, se tournant vers les VPN, des applications moins connues ou même des alternatives analogiques pour maintenir le dialogue. Déjà, les Népalais se ruent sur Viber et la bibliothèque d’applications de Google Play à la recherche de nouveaux relais numériques.

Conclusion : le prix élevé du silence

Le blackout massif des réseaux sociaux au Népal est bien plus qu’une simple manœuvre technique - c’est une expérience radicale de souveraineté numérique dont les répercussions se feront sentir bien au-delà de ses frontières. Alors que le monde observe la réaction des citoyens, des entreprises et des géants technologiques, une question demeure : le flux libre de l’information peut-il vraiment être endigué aussi facilement, ou la rivière numérique trouvera-t-elle de nouveaux canaux pour poursuivre sa course ?

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  • Fournisseur d’accès à Internet (FAI) : Un fournisseur d’accès à Internet (FAI) est une entreprise qui fournit aux particuliers et aux organisations un accès à Internet et à des services en ligne associés.
  • Blocage de domaine : Le blocage de domaine consiste à empêcher l’accès à certains sites web ou services en ligne en bloquant leurs noms de domaine ou adresses internet.
  • Réglementation : La réglementation est un ensemble de règles officielles émises par les autorités pour contrôler ou gérer des activités, exigeant souvent l’enregistrement des plateformes et leur conformité aux lois locales.
  • VPN (Réseau privé virtuel) : Un VPN chiffre votre connexion internet et masque votre adresse IP, offrant une confidentialité et une sécurité accrues lors de la navigation en ligne ou de l’utilisation de réseaux Wi-Fi publics.
  • Censure : La censure est la suppression ou la restriction d’informations, de discours ou de médias par les autorités, souvent pour contrôler l’opinion publique ou maintenir le pouvoir.

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